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La jardinière du lagon
Mirta, une chercheuse italienne en bio-marine de 34 ans, s'occupe tous les jours de ses plantations. Son jardin ? Un immense lagon au cœur des Maldives où elle fait pousser l'essentiel pour la survie des îlots : du corail. Les Iles Maldives, ce petit paradis terrestre de 1200 îles, survivront-elles au réchauffement climatique ? La situation devient, il est vrai, des plus dramatiques. Mars 1998 : suite au courant El Nino, les eaux des Maldives atteignent 34 ° pendant trois semaines. Plus de 80 % du corail ne survivra pas au coup de chaud. Décembre 2004 : quelques heures après la Thaïlande, l'Indonésie et le Sri Lanka, le tsunami s'attaque aux rivages des Iles Maldives. Beaucoup de blessés, quelques 80 morts, mais aussi certaines îles, rayées de la carte. Définitivement. Avec une hauteur maximum de 2 mètres, difficile de ne pas se sentir menacé. A 34 ans, Mirta, chercheuse en bio-marine, grecque, italienne et un peu française par sa mère ne veut pas baisser les bras. Chaque jour, sur l'île de Velavaru, où elle habite depuis quatre ans, avec l'équipe locale du laboratoire marin qu'elle dirige, elle s'enfonce dans les eaux chaudes du lagon, pour s'occuper de son jardin. Un jardin habité par des poissons multicolores, où, inlassablement, avec un peu de ciment dans une main, un peu de corail dans l'autre, elle crée des potagers sous-marins. Et ça marche ! Rapidement, les massifs de coraux croissent, les jardins se multiplient, se solidifient... Une goutte d'eau dans l'océan ? Peut être, mais depuis peu, les pêcheurs locaux s'y mettent aussi et apprennent à leur tour à planter ce qui fera la stabilité de leurs îles.
François de Guillebon |